jeudi 30 juin 2016

Avertissement

Normalement, dans un blog, les articles les plus récents sont ceux qui apparaissent en premier, les plus anciens étant accessible à la fin par un menu déroulant.
Par contre, pour faciliter la lecture, les articles de ce blog, maintenant terminé, sont classés par ordre chronologique.
Pour cela, les dates d'édition ont été inversées, les articles plus anciens devenant les premiers à la lecture.Ce qui fait que la mention de bas de page "articles plus anciens" renvoie en fait aux articles plus récents, de même pour les archives du blog dans la barre latérale droite.


dimanche 1 mars 2015

L'introduction de Jean-Marie Mengin




GR 5 / E2

Sentier européen
Mer du Nord - Méditerranée

(Hoek-van-Holland – Nice)

-2300 km-



En 1947, est créé par le Comité National des Sentiers de Grande Randonnée le GR 5, reliant Saverne à Nice.
Se faisant, il utilise dans les Vosges le sentier au rectangle rouge créé en 1897 par le Club Vosgien, parcours nord - sud de la chaîne des Vosges, précurseur des sentiers de grande randonnée.
En 1954, le Luxembourg demandant à être relié au réseau, le tracé a été modifié. En provenance de Lorraine, il pénètre alors dans les Vosges à Abreschviller et rejoint le sentier au rectangle rouge au col de l'Engin.
Le sentier européen E2 Mer du Nord - Méditerranée, dans sa variante hollandaise, épouse le parcours du GR 5, depuis Bergen-op-Zoom jusqu'à Nice. Le balisage en Belgique a été entrepris à partir de 1959. La portion Hoek-van-Holland - Bergen-op-Zoom, créée beaucoup plus tard, utilise le LAW 5-1, l'un des maillons du réseau néerlandais de grande randonnée.

Le GR 5 / E2 relie la Mer du Nord à la Méditerranée sur un parcours de 2300 km à travers les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse et toute la France. Il  débute dans les plaines de l’Europe du Nord, traverse le massifs des Ardennes, la bordure est du Bassin parisien, les Vosges, la trouée de Belfort, le Jura, effleure le plateau suisse et traverse les Alpes.
Ce faisant, le GR 5 traverse le parc naturel régional de Lorraine, le parc national de la Vanoise, le parc naturel régional du Queyras et le parc national du Mercantour. Les parcs naturels régionaux des Ballons des Vosges et du Haut Jura n’ont été créés qu’après mon passage.

D'abord sentier de proximité d'un jour ou d'un week-end dans sa traversée de l'Alsace et de la Lorraine, le temps de parcours s'est progressivement allongé à la semaine, vu l'éloignement des points de départ. J'ai parcouru ce sentier de 1981 à 1997 : alternativement vers le sud depuis Abreschviller jusqu'à Nice (1981 - 1994), ou vers le nord d'Abreschviller à Hoek-van-Holland (1982 - 1997). Viviane a parcouru avec moi la portion allant de Hoek-van-Holland à Samoëns (Haute-Savoie). J'ai terminé seul le trajet dans les Alpes.

Première partie

Première partie
vers le sud


Abreschviller - Nice



Lundi 20 avril 1981 : Abreschviller - col de l'Engin.

Lundi de Pâques.
Départ d'Abreschviller, en Lorraine (département de Moselle) pour une marche sur le GR 5 avec Viviane, à 12h40.
Après le hameau de Lettenbach, le sentier grimpe en forêt.
Trajet dans les Vosges moyennes mosellanes sur les croupes boisées du grès vosgien de l'ère secondaire qui, peu inclinées, s'élèvent lentement jusqu'au Donon. Le grès colore tout en rouge, les rochers comme le sable du chemin. Nous dérangeons quelques chevreuils qui s'enfuient devant nous en aboyant.
Arrivé au carrefour forestier des Quatre-Chemins (442 m), le sentier s'élève en pleine solitude forestière, passe au col de Leidenstein, à la Belle Roche (537 m), à la pierre St Quirin, rocher en forme de fauteuil, et à la borne Brignon, pierre milliaire romaine. Le sentier continue toujours en pleine forêt, passe au col de la Croix-Simon, grimpe sur les flancs de la Malcôte et atteint le Sac de Pierre, autre pierre milliaire.
On arrive au col de l'Engin (789 m) à 17h20 et l'on pénètre en Alsace (département du Bas-Rhin).
Au col de l'Engin, le GR rejoint un des grands itinéraires nord - sud des Vosges, à l'origine des sentiers de grande randonnée : le sentier au rectangle rouge, créé en 1897 par le Club Vosgien (Wissembourg - Masevaux). Il est aujourd'hui partagé entre le GR 53 et le GR 5.

Viviane va rester ici à m’attendre. Quant à moi, je descends à Abreschviller avec le vélo que nous avions emmené dans la voiture et laissé au col avant la marche. En cours de descente, il commence à neiger.
Je remonte au col de l'Engin en voiture, puis nous rentrons à Schiltigheim.

*****

mercredi 25 février 2015

Vendredi 14 août 1981 : Col de l'Engin - col entre les deux Donon.

Dans l'après-midi, départ avec Viviane, Ploum, Gilbert Ardouin et Katia pour une marche dans les Vosges jusqu'à dimanche. Nous laissons une voiture au Hohwald et l'autre à la maison forestière Grossmann.
A 19h30, nous commençons à marcher tous les cinq sur le GR 53, sentier des Vosges du Nord Wissembourg - Schirmeck, jusqu'au col de l'Engin, où nous faisons la jonction avec le GR 5.

Ploum, Gilbert Ardouin, Katia, Viviane et moi suivons le balisage historique au rectangle rouge du Club Vosgien. Le GR 5 et le GR 53 ont un parcours commun jusqu'à Schirmeck.
Promenade tranquille sur un chemin forestier. Nous arrivons au col entre les deux Donon (823 m), en pleine forêt, à 20h30.
Nous installons notre campement au col, où nous allons passer une agréable soirée en forêt. Ploum, Gilbert et  Katia dorment sous une tente, Viviane et moi sous l'autre.

Samedi 15 août 1981 : Col entre les deux Donon - le Struthof.



Après avoir pris le petit déjeuner dans la nature et plié les tentes, nous partons vers 9h15. Il fait beau et le temps sera chaud.
On grimpe en lacets jusqu'au sommet du Donon (1009 m), antique centre culturel des Celtes : temple à Mercure, vestiges gallo-romains, table d'orientation, point de vue remarquable.
Visage insolite du Donon : un ancien musée en forme de temple grec, construit en 1869. Heureusement, la souscription publique à l'époque n'a réuni que 400 F. Autrement, la montagne aurait été défigurée par quelque chose de plus grandiose encore !
On redescend ensuite sur l’autre versant par un magnifique sentier dallé de grès. De grands blocs rocheux traînent dans la forêt. On passe à la Pierre des Druides (rocher à cuvettes) puis au col du Donon, important carrefour routier.
Du col, un petit sentier sur la droite descend vers la vallée. Il fait chaud et les sacs à dos sont lourds. On se rafraîchit à un ruisseau sur les tempes et les poignets. On contourne Grandfontaine. Après la route du col, on s'engage sur un sentier à flanc de colline qui, à travers la forêt, mène à Wackenbach-Haut. Nous mangeons dans la nature puis aboutissons sur la N392 que nous suivons jusqu'à Schirmeck, dans la vallée de la Bruche.
C'est ici la fin du GR 53. Le GR 5 continue seul son parcours. C'est aussi la fin des Vosges gréseuses. Nous abordons maintenant une partie plus cristalline du massif vosgien.

Après Schirmeck, le sentier monte à la Côte du Château (castel médiéval reconstruit). Par la croix de Barembach et la fontaine Léopold, on atteint en 1h30 le camp de concentration du Struthof.
Tristement célèbre, cet ancien camp d'extermination fut aménagé par les Allemands (1941-1944), pendant l’annexion nazie. On y trouve un mémorial, un cimetière national et un musée.
Il est 17h30. Katia est épuisée. Nous montons sur un sommet près du Struthof à 858 mètres d’altitude, où nous installons notre campement. Nous faisons un feu. Le coucher de soleil est splendide sur les sommets vosgiens. Nous discutons autour du feu jusqu'à minuit.

Dimanche 16 août 1981 : Le Struthof - Le Hohwald.

Nous reprenons la marche sur le GR à 10h15.
Au col de Chenagoutte, nous quittons la route, rejoignons une source captée. Nous atteignons le Champ du Messin (1031 m). Un groupe de randonneurs s'y désaltère à la fontaine Beschtein.
A partir de là, nous randonnons sur le vaste dôme granitique du Champ du Feu, à travers des prairies d'altitude. On fait une pause casse-croûte en cours de route.
On passe à la Katzmatt, au rocher de Rathsamhausen, à la ferme de la Vieille Métairie. On arrive au col du Champ du Feu (1075 m), aux abords d'un vaste plateau à découvert, ancienne tourbière. Du col, le sentier descend à angle aigu, dans les pins raboteux et les sorbiers en contrebas. On atteint la source de l'Andlau, puis en une heure on arrive à la belle cascade du Hohwald, en pleine forêt. On passe à la pierre commémorative du Grand Sapin de Strasbourg.
Nous atteignons à 17h Le Hohwald (570 m), station touristique et climatique, entourée de collines et de vastes prairies.

Je pars avec Gilbert récupérer l'autre voiture à la M.F. Grossmann. Puis nous rentrons à Schiltigheim avec tout le monde.

*****

dimanche 22 février 2015

Dimanche 27 septembre 1981 : Le Hohwald - Andlau.

A 8h30, Viviane et moi quittons Le Hohwald et montons en forêt. Humidité ambiante, brouillard stagnant.
Nous atteignons la M.F. (maison forestière) Welschbruch, contournons le versant sud du Kienberg et arrivons au carrefour de la Bloss. Un sentier accessible par des marches nous conduit au Mur païen.
Vaste enceinte préhistorique datant du VIIIe siècle avant J-C, remaniée par les Romains au IVe siècle, c'est un mur en pierres, aux blocs soigneusement taillés, avec une technique d'assemblage par des joints en bois de chêne en forme de queue d'aronde.
Le sentier suit le Mur païen et aboutit au couvent du Mont Sainte-Odile (764 m), centre culturel et religieux alsacien, lieu de pèlerinage (monastère fondé au VIIe siècle par sainte Odile). A la sortie du couvent, le sentier suit un chemin de croix puis réemprunte pendant 500 mètres le même trajet qu'en arrivant. Nous bifurquons à gauche et prenons un repas tiré du sac, sur un rocher.
Nous traversons le plateau forestier de la Bloss (823 m) puis atteignons les rochers du Maennelstein (point de vue sur la plaine du Rhin, la Forêt Noire et les Vosges). Nous longeons le versant sud de la Bloss, sortons de l'enceinte du Mur païen. Nous passons au kiosque Jadelot puis à la ruine du château du Landsberg.
Ensuite c'est la descente vers la maison forestière du Moenkalb et les collines viticoles du piémont des Vosges. On traverse les vignes du Kirchberg et on atteint Barr. Après la traversée de la ville, le GR 5 continue dans le vignoble par la Route du Vin jusqu'à Mittelbergheim, puis atteint Andlau, jolie petite ville alsacienne avec de vieilles maisons à colombage.

Nous retournons au Hohwald par un autre chemin. Nous y arrivons, fourbus, à 18h, après plus de trente km de marche dans la journée.

*****

Dimanche 14 mars 1982 : Andlau - Schulwaldplatz.

Départ en deux voitures avec Viviane, Jean-Yves et Marie-France. Nous en laissons une dans la zone du Bernstein et partons avec l'autre à Andlau.

A 11h, avec nos copains Jean-Yves et Marie-France, nous traversons la ville d'Andlau. Par un chemin boueux dans la forêt, nous atteignons en une heure la M.F. Grückert. Nous mangeons devant la maison forestière, transformée en refuge des Amis de la Nature.


L’après-midi, nous attaquons les flancs de l'Ungersberg jusqu'au col éponyme. A partir de là, nous marchons dans la neige jusqu'au sommet.


    




Le sommet de l'Ungersberg (901 m) est le point culminant de toute la région, qui domine la dépression de roches tendres du val de Villé : tour, point de vue, plate-forme d'observation.
Du sommet, on descend en lacets très raides jusqu'à un petit col. Sur ce versant, la neige a disparu. Le GR contourne le Baerenberg et poursuit sa descente par des chemins forestiers. En cours de route, une crotte de renard bien en évidence sur le sentier me donne l'occasion d'expliquer à Jean-Yves et Marie-France les notions de territoire chez les mammifères.

Nous nous arrêtons à 17h au Schulwaldplatz, parking forestier en bordure de route où nous avons laissé une des voitures.

*****

mercredi 18 février 2015

Dimanche 21 mars 1982 : Schulwaldplatz - Montagne des Singes.

Trajet avec deux voitures.

Aujourd'hui, c'est avec Gisèle que nous commençons à marcher à 11h depuis Schulwaldplatz.
On passe au carrefour du Kaesmarkt puis à proximité des ruines du château du Bernstein, qui se profile dans la brume non loin du chemin.


              

On atteint la ruine Ortenbourg, ancien château fort du XIIIe siècle, surmonté d'un puissant donjon pentagonal que nous visitons.  On y a une vue sur le Ramstein, un autre château en contrebas.

              

                                                                                                           Le Ramstein, vu de l’Ortenbourg


Nous passons ensuite par la ruine du Ramstein et descendons dans le val de Villé. Nous atteignons l'hôtel restaurant Hühnelmühl puis rejoignons la route qui mène à Châtenois.
Viviane décide d'enlever ses nouvelles chaussures de marche qu'elle portait depuis ce matin. Echange avec des baskets. Ouf, ça va mieux!
Le GR évite le centre de Châtenois et remonte de l'autre côté de la vallée pendant une heure jusqu'à l'ancienne maison forestière de Vick (395 m), la Montagne des Singes.
C'est un vaste enclos d'une vingtaine d'hectares dans la forêt, où vivent en liberté quelques 250 magots (ou macaques de Barbarie), originaires du Maroc.
Il est 16h30. Nous y retrouvons une de nos voitures.

*****

Samedi 29 mai 1982 : Montagne des Singes.

Week-end de la Pentecôte.
A 17h30, nous partons en deux voitures pour Le Bonhomme puis la Montagne des Singes.

A 19h30, Ploum, Gilbert Ardouin, Viviane et moi sommes à nouveau ensemble sur le GR 5. Nous installons notre campement peu après la Montagne des Singes, à côté du GR, dans une friche à genêts : une tente pour Ploum et Gilbert, une autre pour Viviane et moi.

Dimanche 30 mai 1982 : Montagne des Singes - ruines du Bilstein.

A 9h15, nous entamons notre marche sur le GR 5 avec une nouvelle incursion dans le grès. Nous atteignons le château du Haut-Koenigsbourg (755 m). C'est le seul château fort alsacien complètement reconstruit, avec possibilité de visites guidées. 25 mn après l’avoir quitté, nous atteignons le col du Schaentzel où nous pénétrons dans le département du Haut-Rhin.
Le GR 5 arrive à Thannenkirch, village touristique. Nous traversons la localité ; nous nous désaltérons à une fontaine car il commence à faire chaud.
Le sentier se poursuit dans une forêt de hêtres, puis de sapins et de mélèzes. Nous atteignons dans l'après-midi les ruines du château du Haut-Ribeaupierre : le plus haut des trois châteaux de Ribeauvillé (650 m). Le donjon est accessible : il y a une belle vue sur la région. On descend ensuite en 15 minutes au château de Saint Ulrich, le mieux conservé des trois châteaux.
-A l'est, hors GR, le château du Girsberg, à 10mn-
Le sentier continue sa descente. Un peu plus bas, on longe des rochers impressionnants et l'on rejoint à travers les vignes Ribeauvillé : route des vins, ambiance « carte postale »...
Nous traversons la ville. Nous arpentons l’autre versant de la vallée à travers une longue forêt de châtaigniers puis de hêtres et sapins. On atteint le col forestier du Seelacker, carrefour important de chemins et de sentiers.
A partir de là, nous cherchons un endroit pour bivouaquer. Il fait toujours chaud et les sacs sont lourds, mais les tiques nous attendent dans les hautes herbes ! Nous remontons encore 500 mètres jusqu'à un autre carrefour forestier, non loin des ruines du Bilstein.

Il est 19h. Nous montons le camp à la croisée des chemins et faisons un feu pour cuire les côtelettes. Chacun vaque alors à ses activités. Un peu plus tard, un garde-forestier viendra nous dire que les feux sont interdits. Mais les côtelettes sont déjà cuites !

dimanche 15 février 2015

Lundi 31 mai 1982 : Ruines du Bilstein - Le Bonhomme.

Le matin, je descends à pied avec Ploum dans la vallée. Nous y avons rendez-vous avec Joëlle et son père à 10h. Avec eux, nous remontons au camp en voiture par les chemins forestiers.

Joëlle va marcher avec nous.
A 10h15, départ tous les cinq vers les ruines de l'ancien château fort de Bilstein. Nous visitons le donjon. Après quoi, nous tournons en rond et nous ressentons comme une impression de « déjà vu » : retour au point de départ...
Du carrefour, nous cheminons ensuite à flanc de montagne, au milieu des chênes, bruyères et fougères, jusqu'au rocher du Koënigstuhl (938 m), en forme de trône, d'où le nom « siège du roi ». Nous longeons la crête et passons au rocher du Tétras. Les jeunes pins sont pleins de lichen qu'ils portent comme des vieux barbus. L'endroit est sauvage, avec les rochers de poudingue en conglomérats de grès et de galets jonchant le sol.
Nous sommes maintenant dans les Hautes Vosges, la partie cristalline du massif vosgien, dont les roches variées (granites, gneiss, grauwackes) remontent à l'ère primaire.
Les Hautes Vosges ont été fortement relevées à l'ère tertiaire et vigoureusement attaquées par l'érosion des eaux courantes et des glaciers au quaternaire. Le grès a disparu, victime de cette érosion.
Nous atteignons Aubure (800 m), le village le plus haut des Vosges. Rien à voir avec les villages viticoles. Aubure a des maisons solides faites pour l'hiver.
Le sentier continue entre bruyères et myrtilles. Il monte à travers la forêt jusqu'à la Pierre des trois bans (1128 m) : limite des bans communaux d'Aubure, Fréland, Ste-Marie-aux-Mines.
En contournant le Rehberg, nous atteignons le sommet du Grand Brézouard (1229 m), le plus haut massif vosgien granitique au nord de la vallée de Kaysersberg : vue grandiose parmi les landes et les pins rabougris.
Le temps devient lourd. Nous gagnons le col des Bagenelles (refuge du Club Vosgien) et continuons la descente. Vers 18h, l'orage éclate. C'est sous la pluie que nous atteignons Le Bonhomme, village situé dans la montée du col éponyme entre Colmar et Saint-Dié. Nous y retrouvons une de nos voitures à 18h30.

*****

Dimanche 20 juin 1982 : Le Bonhomme - calvaire du Lac Blanc.

A 10h30, départ du Bonhomme avec Viviane et notre ami algérien Salim.
Le sentier monte à travers prés et bois puis atteint l'étang du Devin. C'est un étang transformé en tourbière, encaissé dans un entonnoir rocheux. La zone est protégée, la flore intéressante.
Le sentier monte ensuite en lacets dans une forêt pittoresque d'une âpre beauté sauvage et atteint sur les chaumes la Roche du Corbeau (1130 m). Des ouvrages importants réalisés par les Allemands pendant la guerre de 14-18 parsèment le sommet. Avant d'arriver au rocher, on passe devant la station supérieure du funiculaire qui montait de Lapoutroie et qui était relié aux ouvrages de la Tête des Faux par un tunnel de 1100 m de long.
On atteint la Tête des Faux (1220 m). Le sommet est constitué par un amoncellement impressionnant de rochers. Les blocs de granit s'entremêlent avec le béton et les poutres rouillées.
Les Allemands avaient ici leur plus puissante forteresse. Cet ensemble fortifié était unique dans ce genre sur tout le front.
Nous pique-niquons sur les sommets, au milieu des pensées des Vosges (Viola lutea). La vue est splendide.
Le sentier descend ensuite à travers des éboulis jusqu'au carrefour Duchêne où se trouve un cimetière militaire français. Par un chemin forestier qui contourne les deux Têtes des Immerlins, on atteint le refuge Tinfronce et le calvaire du Lac Blanc, col situé au-dessus du lac.

Depuis le calvaire, Viviane, Salim et moi retournons au Bonhomme par le GR 532 : passage par le sommet de la Tête des Immerlins. Nous y arrivons à 16h30.

*****

Samedi 24 juillet 1982 : Calvaire du Lac Blanc.

Viviane et moi arrivons à 19h15 au calvaire du Lac Blanc. Pluie, vent, brouillard... Nous restons confinés dans la voiture à cause du mauvais temps. Nous y mangeons et y passons la nuit.